...et donc bien crevant tout ça !
Il n'y a pas vraiment de fondement scientifique à tout ça, mais dans les faits et les croyances populaires, le temps qu'il fait joue souvent sur les coliques. Ce temps lourd, avec des changements
de température brusques, de l'orage, nous fait souvent craindre le pire... "Heureusement", vue la période des moissons, il y aussi les coliques "de paille", le traditionnel bouchon de paille, qui
nous cree des problèmes, mais cela se resoud le plus souvent avec un traitement classique à l'écurie...
Mais cette semaine, on a eu aussi notre lot de coliques graves, rien que 3, qui ont entrainé la mort des chevaux... Une jument n'a pas été opérée, car le propriétaire ne le souhaitait pas, elle a
donc été euthanasiée, et les deux autres ont été opérés, mais les découvertes lors des chirurgies n'ont pas pu être corrigées...
Je vous raconte le cas de samedi soir, car dans le genre "situation d'urgence" on peut pas faire mieux, et c'est vrai que cette montée d'adrénaline est assez sympa, une fois qu'on sait la gérer
bien sur !!
Appel à 23h30, jument en colique située d'un poulain de deux mois, en colique depuis 1h30, n'a pas répondu aux injections réalisées, sachant la nature des produits utilisés, on se dit "aie, aie,
aie, je le sens mal !". J'arrive là bas une demi heure plus tard, la jument est couchée, râle, se roule... On la relève une première fois, mais même pas le temps de prendre une fréquence
cardiaque sur 15 secondes, qu'elle est déjà retombée... Ok, on sort les grands moyens, prise rapide de cette fréquence au niveau de l'artère faciale, puis pose de cathéter, avec un petit
prolongateur, pour que je puisse faire des injections en attrapant juste le petit bouchon situé au bout de ce prolongateur... Je prépare une seringue de tanquillisant, on relève la jument, je
saute sur ma seringue, l'injecte, on empêche la jument de se coucher le temps que ça agisse...2 minutes plus tard, elle est calmée, debout... Ouf, on respire... Le poulain qui essayait de ne pas
se faire écrabouiller pendant tout ce temps, se jette sur la mamelle... Vous me direz, pourquoi ne pas les avoir séparés ? Et bien, le box était assez grand, et les juments deviennent vite
cinglées quand on leur enlève leurs poulains, donc on fait avec dans la mesure du possible...
Donc jument debout et à peu près calmée, je passe ma sonde naso-gastrique, pas de reflux, ok... Fouille rectale, le colon et le caecum commence à gonfler, pas cool, ça... La jument remontre des
signes de douleur à nouveau, on retranquillise...
Appel à la propriétaire : colique trop violente pour bien aller à l'écurie, faut l'emmener à la clinique, pour des examens supplémentaires (prise de sang, écho abdo), mais je crains que l'on ne
soit face à quelque chose de chirurgical..
On décide de faire voyager mère et poulain séparés, de peur que la jument se couche dans le van qui, pour le coup, est quand même trop petit pour que ce soit sans danger pour le poulain... Du
coup, je reprépare une seringue de tranquillisant pour calmer la jument sitôt montée dans le van pour voyager calme... Bébé est tranquillisé aussi au box pour que ce ne soit pas trop "la rumba"
de son côté.
A la clinique, les craintes sont confirmées et la jument est anesthésiée dans la foulée pour chirurgie...et malheureusement comme écrit plus haut, on trouvera une nécrose trop avançée et trop
étendue pour que l'on puisse envisager une réparation... Il est 4h30 du matin...
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